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MEDITERRANEE CAPITALES - Mediterranea Metropolis
MARSEILLE - EUROMÉDITERRANÉE
L'avenir se rejoue près du Vieux-Port
La France et l'Europe ont, plus que jamais, les regards fixés sur Marseille,
qui est en train de vivre un grand défi socio-économique. Lancé fin 1995
par l'Etat, en partenariat avec la Ville et les collectivités territoriales,
le programme Euroméditerranée est la plus grande opération française d'aménagement
en milieu urbain. Objectif : faire de Marseille la métropole internationale
capable de rayonner sur le bassin méditerranéen à travers un complexe
économique de dimension européenne. Une échéance : 2010, correspondant
à la mise en œuvre, décidée par l'Europe, d'une zone de libre échange
entre les pays riverains de la Méditerranée et bénéficiant d'une aide
de l'Union européenne de 70 milliards de francs. Cet immense marché concerne
350 millions d'habitants (490 en 2010), qui échangeront leurs biens sans
droits de douane. Marseille jouera un rôle déterminant : d'abord par sa
situation au carrefour des premières régions économiques du Sud (Catalogne,
Lombardie, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur), mais surtout par
une nouvelle dynamique économique qu'illustre une montée en puissance
des investissements publics et privés, avec un engagement fort de l'Etat
et des collectivités territoriales.
Premier port de la Méditerranée, ce qui parachève un immense effort de
modernisation, Marseille est aussi une métropole du tertiaire supérieur
(6 000 entreprises), dans une région bien placée pour les hautes technologies
: micro-électronique, robotique, biotechnologies... Des atouts, ajoutés
à un dense réseau de communications auquel l'opération donnera un coup
d'accélérateur. 
Le réaménagement urbain d'Euroméditerranée porte sur plus de 300 ha, dont
un bon tiers sur la partie maritime et portuaire (Joliette et Arenc,)
à l'ouest de la ville. Le périmètre englobe des quartiers proches de l'hyper-centre
: la rue de la République, la Gare St-Charles et les friches industrielles
des anciennes manufactures de la Seita. Création de 600 000 m2 de bureaux,
construction de 6 000 logements et réhabilitation d'autant, tel est le
programme ambitieux qui sera conduit sur une quinzaine d'années avec,
à la clé, 20 000 emplois directs. Réhabilitation des docks, démolition
des hangars J 3 et J 4, réaménagement en 1998 de la place de la Joliette...
Marseille réactive sa façade maritime. Près du Vieux-Port, ce sera bientôt
la mise en route d'une "cité de la mer" à vocation touristique et culturelle.
Le paradoxe de Marseille, c'est que les activités tertiaires se sont développées
au sud de la ville. Il n'y avait, jusqu'alors, pas de centre directionnel
clairement identifié. La Ville mise aujourd'hui sur une plus grande cohérence
urbaine, entre les différents quartiers situés autour du centre historique
de la ville, la Porte d'Aix ayant déjà été réaménagée depuis une dizaine
d'années avec l'implantation du Conseil régional. Le cœur de ville concentre
le gros du commerce dans un environnement aujourd'hui insatisfaisant.
La relance de l'activité économique et commerciale passe par un ambitieux
programme de réhabilitation des anciens quartiers, comme Le Panier, Belsunce
ou Noailles. La rue de la République, grande artère "haussmanienne", reliant
la Canebière et le Vieux-Port à la Joliette, sera l'un des espaces-clés
de cette recomposition urbaine, avec intervention sur le logement, les
commerces et les bureaux.
S'ils n'entrent pas directement dans le projet Euroméditerranée, les quartiers
Nord de Marseille, classés en zone franche dans le cadre du G.P.U. (Grand
Projet Urbain) devraient aussi connaître une profonde transformation dans
les années à venir. Prémices d'une revitalisation, 12 ha sont affectés
à l'implantation de nouvelles entreprises.
On voit se dessiner une métropole du troisième millénaire, avec Euroméditerranée
pour tête de pont du système de reconquête urbaine, un véritable centre-ville
regénéré pour l'image de marque du renouveau et le G.P.U. pour la cohésion
sociale. Rien n'aura été laissé au hasard pour mener à bien ce grand projet.
Hervé MARTIN
Novembre
1999
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