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L'Afrique secrète jusqu'au 21 juillet 2002
AFRIQUE SECRÈTE AU MUSÉE DAPPER
Jusqu’au 21 juillet 2002
Que protégent ces figures de reliquaire façonnées dans le bois ou dans le métal ?
Pourquoi seuls quelques initiés peuvent-ils comprendre le langage des masques ?
Quelle est l’origine des grands mythes qui ont soutenu tant de pratiques artistiques en Afrique de l’Ouest ?
Ce sont autant de secrets que conservent jalousement les œuvres, mais qu’elles révèlent à ceux qui cherchent à les comprendre.
L’exposition Afrique secrète fait écho aux questions que suscitent ces arts enfin reconnus et devenus de plus en plus familiers au grand public.
Cependant, si les ethnologues, les anthropologues et les historiens de l’art lèvent un coin du voile, il n’en demeure pas moins que bien des zones d’ombre subsistent encore.
L’exposition, qui réunit une centaine de pièces provenant toutes du musée Dapper, s’articule autour de deux thèmes clés : les rites dus aux défunts en Afrique équatoriale et l’univers initiatique en Afrique de l’Ouest.
La première partie regroupe des œuvres répondant à la même fonction avec des solutions plastiques fort différentes.
Ainsi, au Gabon, les figures de reliquaire dites kota, sango, tsogo et fang, dont quelques-unes d’entre elles - rarement préservées dans leur intégrité – sont encore fixées au réceptacle, panier en vannerie ou boîte en écorce, se rattachent au culte des ancêtres. C’est l’un des principaux fondements des pratiques religieuses très fortes dans ces sociétés.
Des peuples voisins, au Congo, les Mbédé ou Ambété possèdent également des sculptures liées aux pratiques funéraires de conservation des reliques. Mais ce sont les corps mêmes des statues qui font office de réceptacles.
Plus loin vers l’Est, au sein du groupe kuba (République démocratique du Congo), il était d’usage autrefois d’ensevelir les morts, rois, chefs et notables, dans des tissus fabriqués selon la technique du velours.
Peu à peu ces linceuls ont inspiré des tissus décoratifs qui ont séduit des collectionneurs célèbres, tels que Stephen Chauvet et Tristan Tzara.
Chez les Bangwa du Cameroun, ce sont les statues commémoratives qui rappellent aux vivants les honneurs qui doivent être rendus aux souverains défunts.
La seconde partie de l’exposition aborde principalement les liens indéfectibles qui se nouent entre les objets et les individus.
Car si les familles peuvent conserver dans un sanctuaire, comme les Igala ou les Igbo du Nigeria, des statues auxquelles sont adressées des offrandes en échange de leur protection, elles font couramment appel aux services d’un devin, d’un thérapeuthe, qui initient et entretiennent aussi ce type de relation.
Les officiants des cultes interviennent à chaque moment important de la vie : naissance, mariage ou alliance, mais aussi en cas de problème, de maladie et de décès. Ils utilisent comme supports de leurs pratiques une large gamme d’accessoires, dont les sculptures.
Ainsi en Côte d’Ivoire, les statues baoulé représentant un cynocéphale et les figures kafiguéléfio des Sénoufo, ces dernières étant constituées d’une partie cachée en bois et d’une partie visible faite de tissus, de plumes et de matières composites, interviennent dans le cadre de pratiques rituelles qui visent à déceler et à éloigner de grands dangers.
La maîtrise des forces occultes s’acquiert au cours de longs apprentissages qui s’étendent sur plusieurs périodes de la vie. C’est dans ce contexte que se fait souvent, d’une génération à l’autre, la transmission des connaissances dont l’un des vecteurs privilégiés est le masque.
Cet accessoire supplée au visage absent ou interdit de représentation. Il est objet ambivalent révélant la présence d’un esprit ou celle d’une divinité dont les avatars traversent les cosmogonies.
Pour de nombreux peuples, dont les Dogon, et les Bambara du Mali, le masque se situe dans un double espace temporel, celui du mythe et celui du moment où se transmet le savoir.
Le masque joue un rôle primordial en tant qu’élément constitutif des pratiques rituelles et des relations sociales. En effet, certains types participent à diverses réjouissances publiques, soit à l’issue de cérémonies de fin d’initiation, soit lors de fêtes agraires.
Les masques donnent matière à de multiples créations formelles et peuvent entretenir d’étroites relations stylistiques de proximité ou de confrontation comme chez les Baoulé, les Dan et les Wé de Côte d’Ivoire.
En réalité, même si des affinités formelles déterminant des parentés entre des sculptures –statuaire ou masques – semblent évidentes d’une culture à l’autre, il n’est pas toujours aisé de déceler les logiques des correspondances, car les repères se révèlent flous. Dans bien des cas les informations demeurent fragmentaires ou font totalement défaut. De plus, la fonction première parfois oubliée, de certains objets évolue et s’adapte à de nouvelles pratiques.
Autre exposition : L’art en marche de Ndary LO jusqu'au 21 juillet
Cet artiste réalise des figures aériennes qui s'étirent infiniment. Geste et mouvement fondent l'esthétique forte de ces figures.
Ndary Lo est un adepte de la récupération et s'adapte aux éléments en fonction du milieu dans lequel il se trouve.
Le fer est sa matière de prédilection. Il est omniprésent et donne sa forme à la charpente métallique des personnages créés...
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