Vox Latina
Accueil Méditerranée Francophonie Signatures Forum Boutique

Signatures


L’ANTHROPOLOGIE GANGLIONNAIRE, UN PSYCHOVIRUS DEMASQUÉ - Par le Pr Mariela Szirko
Méditerranée, Francophonie, Mondialisation : Visions d'avenir, par Philippe Séguin
Document
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (I à VIII), par Charles-Xavier Durand

Les Cinq Soleils du Mexique, par Carlos FUENTES
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (VIII et fin)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (VII)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (VI)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (V)
 LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (IV)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (III)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (II)
Pour une citoyenneté francophone, par Stélio Farandjis
Latinité et prospective, par Candido Mendès
"Démocratiser la mondialisation", par B. Boutros-Ghali, SG de l'OIF
Le partenariat euroméditerranéen, par H. Abouyoub, Ambassadeur du Maroc en France
"Marseille doit être à la Méditerranée ce que Strasbourg est à l'Europe", par J.-C.Gaudin, Sénateur-Maire de Marseille
Une affaire d’état... parlementaire
L’Assemblée Parlementaire de la Francophonie, au service de la Démocratie
La diversité culturelle, par Louise Beaudoin, ministre des Relations internationales du Québec
La latinité, un facteur de cohésion internationale. Par Geraldo CAVALCANTI, SG de l'Union Latine (1998-2000)
Le souverainisme des Québécois
 
Francophonie

Meetic

iPod

Skype

Meilleur Mobile

Apple

LES DOSSIERS

Méditerranée
 
Mondialisation
 
Géoéconomie
 
À Lire & à Relire
 
Culture Sud
 
Persona Grata
 

 L’ANTHROPOLOGIE GANGLIONNAIRE, UN PSYCHOVIRUS DEMASQUÉ - Par le Pr Mariela Szirko



Buenos Aires, 11/10/2002 - Une certaine "science" contemporaine anglo-saxonne, couverte d’honneurs, tendrait à vouloir nous faire accroire que la "personne" qu’est chacun de nous serait réductible à l’ingénierie de son propre corps… Le Professeur Mariela SZIRKO, neurobiologiste à Buenos Aires, nous adresse ici une précieuse contribution où elle met en exergue le caractère éminemment idéologique de cette vision du monde. Un monde de "l’ultrahistoire" où la chosification des êtres apparaît comme un "psychovirus" destiné à nous désarmer mentalement, afin de nous faire accepter la marchandisation des choses... et des êtres.
DEUXIÈME PARTIE : LA VISION DE NOTRE ULTRAHISTOIRE




La globalisation par le controle des esprits

I - L’ANTHROPOLOGIE GANGLIONNAIRE,
UN PSYCHOVIRUS DEMASQUÉ

suivi de

II - LA VISION DE NOTRE ULTRAHISTOIRE

Par le Professeur Mariela SZIRKO

Neurobiologiste à l’Hôpital Borda, Buenos Aires, Argentine

—————————————————————————————————————————

"LES IDÉES PÉNÈTRENT LES NEURONES ?"


Dans une tribune libre [1], Vox Latina Info nous livre l’opinion d’un auteur français qui débute ainsi : Reims,11/09/2002 – " L’idée commence " L’idée commence de pénétrer les neurones de nos responsables,
que nous deviendrions rapidement des sous-développés mentaux et des exclus de l’histoire en train de se faire, si nous poursuivions notre politique de mise à l’écart de toutes ces langues au bénéfice de la seule langue que cherche à nous imposer Bruxelles. Notre vision du monde en effet se mettrait à dépendre uniquement des sources d’information et de diffusion contrôlées par des firmes anglo-saxonnes ".

Mais, dans ce contexte précis, dire que " les idées pénètrent des neurones " est, en soi, un cheval de Troie de la pensée unique.

Cette même notion avait, jadis, été soutenue et développée par des auteurs français. Il suffit, pour s’en convaincre, de consulter la plupart des débats académiques, sur les problèmes de la neuropsychologie, publiés par la librairie Germer Baillière et son successeur Félix Alcan entre 1870 et 1930.


Néanmoins, la science française pouvait, à juste titre, consid-érer cette notion comme faisant partie de la pluralité concep-tuelle que la richesse culturelle française autorise.

De nos jours cette même notion, bien qu’entièrement erronée, est machinalement reprise, sans aucun discernement concep-tuel d’avec une quelconque antithèse, par tous les media " prestigieux ", notamment ceux dont le financement dépend de budgets anglo-américains ou, en tout cas, ne leur est pas hostile.

En réalité, les neurones, par des moyens physico-chimiques, ne font que donner forme aux états et à la dynamique des champs électriques du cerveau. La personne, comme éclosion existentielle, est appelée à percevoir et influencer ces états des champs électriques d’un cerveau particulier, le sien propre à l’exclusion de tout autre. Elle " réagit " à ces états par des sensations internes et, tout à la fois, elle " agit " sur ces mêmes champs afin d’initier des mouvements volontaires externes. Mais, pour des raisons étrangères à toute perspective scientifique, cette vérité n’est pas admise par la science anglo-américaine contemporaine ni par ses nombreux relais dans la communauté scientifique internationale.

—————————————————————————————————————————

LA NOTION DE PERSONNE,
AU SERVICE DE L'EXCLUSION DES PERSONNES ?



En effet, le risque serait grand, dans pareil cas, de voir opposer un démenti cinglant à l'idée que les personnes ne seraient que des structures accidentellement composées par la nature ; et que leur pensée peut donc seulement " réagir " aux forces naturelles mais sans jamais " agir " en introduisant, dans la nature, de nouvelles séries causales.

Cette hyper-réduction des personnes à l’ingénierie de leur corps empêche, justement, de considérer que tout individu est beaucoup plus digne de respect que n’importe quelle collecti-vité ou communauté à laquelle il se trouve intégré.

Ce faisant, l’idée erronée que " les idées pénètrent des neurones " pourrait contribuer à assurer le pouvoir de la " ploutocratie excluante ".

En effet, elle introduit certes une notion de Personne mais qui, en réalité, sert à exclure le plus grand nombre possible de per-sonnes de l’accès aux gains culturels et conquêtes socioéco-nomiques. Dès lors, les individus, ayant une fausse repr-ésentation d'eux-mêmes, ne sont plus en mesure d'avoir les égards nécessaires les uns envers les autres et, par cons-équent, de se solidariser et lutter ensemble afin d'élargir le dit accès.

Ceci est particulièrement vrai quand les personnes n'ont, entre elles, aucun lien commun en dehors de l'appartenance primaire à la même nature humaine. Dans ces conditions, on voit mal ce qui pourrait amener quelqu’un à devoir se préoccuper du sort et du bien-être de ce qui ne serait pas un " Autre " mais, tout au plus, de simples excroissances du relief terrestre situées aux antipodes.

Ainsi, par le biais de cette erreur neuroscientifique, le pou-voir corporatiste excluant s'assurerait de la docilité des indivi-dus qui ne risquent pas, dès lors, de lui opposer le moindre contrôle démocratique.

La notion erronée que " les idées pénètrent les neurones " est donc, typiquement parlant, un psychovirus, pour reprendre l’heureuse formule du regretté Claude Rifat.
Ce dernier surnommait ainsi certaines expressions fragilisant le discerne-ment critique des victimes dans ce qu’il appelait " la guerre de velours ".

Permettez-moi de rappeler quelques faits. En 2000, le " Prix Nobel de Physiologie ou de Médecine " fut octroyé à Eric Kandel pour ses travaux sur les adaptations qui survien-nent, lors du processus d’apprentissage, dans les synapses nerveuses des ganglions des limaces de mer géantes.

Chez ces créatures, nul n’a jamais émis la moindre hypothèse quant à la présence ou à l’absence d’un quelconque esprit. Les protocoles expérimentaux de Kandel ne sont pas susceptibles d’infirmer ou de confirmer une telle éventualité car ils ne font aucune distinction de principe entre les créatures " dotées d’esprit " ( organismos empsiqueados, mindful creatures ) et les créatures " dépourvues d’esprit " ( animales sin psiquismo, mindless creatures ).

En outre, comme le remarque A. Courban, le terme anglais " consciousness ", qui est au cœur de la recherche et des débats en neurosciences, n’a même pas son équivalent en français. Sur ce point précis, on ne parle pas de la même chose en anglais et en français, italien ou espagnol. On pour-rait, tout au plus, rendre " consciousness "par " conscienscitude ", c’est à dire la propriété d’être conscient et non le fait de l’être.


C’est pourquoi et, afin de désigner la spécificité des individua-lités existentielles, extérieures les unes par rapport aux autres, nous utilisons, par après, l’expression " ontologie du Sujet " même si cette dernière renvoie, en anglais, à " ontology of self-consciousness ".

Eric Kandel est certes un chercheur de renom et ses travaux expérimentaux, dont les protocoles ne font aucune référence quant à l’éventualité de l’absence ou de la présence d’une quelconque faculté mentale ou psychique, méritent largement l’estime et la reconnaissance. Néanmoins, le Comité Nobel lui a accordé le prix en question en proclamant et en se fondant explicitement sur le postulat qui veut que " notre mémoire peut être considérée comme étant localisée dans nos synapses[2] ".

C’est pourquoi et, malgré ou à cause du prestige d’une telle récompense, un nombre croissant de savants, se basant sur les travaux de l’école d’Argentine ou sur des travaux similaires, expriment leur désaccord quant à une interprétation portant sur le psychisme à partir de conclusions de recherche qui ne font déjà pas référence au " mental ", comme le Comité Nobel a cru devoir le faire.

—————————————————————————————————————————

LE PSYCHISME MISCIBLE FAÇONNE
DES " EXISTENTIALITÉS " INTERCHANGEABLES EN TOUT POINT


Le dit Comité a avalisé de manière abusive, comme s’il s’agissait d’un fait dûment établi, que les souvenirs seraient conservés dans les synapses ou jonctions des fibres nerveuses du cerveau.


Ainsi, la mémoire elle-même, siégerait dans ces jonctions sy-naptiques. Dans notre propre tradition neurobiologique, une telle conception est appelée " anthropologie ganglionnaire ".

Le vocable " anthropologie " signifie la vision qu’on a de la personne humaine ou de ce que les personnes sont. Un éditorialiste croate[3] a récemment qualifié le présupposé an-thropologique derrière la décision du Comité Nobel de " scandale de l’anthropologie ganglionnaire ". La réduction de la mémoire humaine aux seules interactions synaptiques, à la-quelle s’ajoute l’ignorance de notions-clé portant sur les rap-ports de la mémorisation et du temps, est de nature à interpel-ler notre société civile.

En effet, de telles conceptions permettraient, à la limite, de faire l’impasse sur le souci que les membres de toute société ont à l’égard de l’individu et, par conséquent, le respect dû à toute personne demeurerait lettre morte. De même que le mortier, le limon et l’argile sont miscibles et interchangeables, les individus eux-mêmes estimeraient leur rôle de ressources comme suffisant pour épuiser leur propre existence.

Ainsi, la personne serait réduite au rang d’une chose, d’un bien échangeable, soit pour le plaisir d’autrui, soit à titre de réservoir de pièces et d’organes de rechange, soit encore à ti-tre de gènes de remplacement etc…

De ce fait, les individus seraient amenés à s’abrutir dans des activités n’ayant d’autre finalité que le plus grand profit et qui, par ailleurs, sont de nature à entretenir et accroître de manière inflationniste la demande des dits biens et services, dont la production devient, ainsi, l’objectif et la valeur unique de la vie.

En assumant l’anthropologie ganglionnaire, les savants considéreraient donc les individus aussi interchangeables que les formes éphémères de la nature comme les feuilles ou les nuages.

Ceci trouve, en partie, son explication dans la parcellisation et la compartimentation excessives des disciplines scientifiques et de leurs correspondants institutionnels, à savoir les départe-ments académiques.

La cohérence nécessaire, en termes d’unité du savoir, fut donc négligée ou, du moins, réduite souvent à des souhaits pieux. Dès lors, l’interdisciplinarité ne vit le jour que sous forme de rencontres pratiques autour de quelques points de jonction disciplinaires. Quant à l’indispensable transdiscipli-narité, elle se vit ramenée au niveau managerial donnant ainsi au pouvoir administratif encore plus d’autorité sur le contenu des disciplines, au service de ses seuls intérêts corporatis-tes et n’élargissant pas le spectre du champ transdiscipli-naire de la science.

Cette fragmentation et cette dissociation des disciplines nous a permis de conquérir la haute technologie sans pour autant augmenter notre intelligibilité du monde et ce, sans parler de notre vie consciente : " hypertrophie des moyens et atro-phie des fins " comme le dit adroitement Don José Ortega y Gasset.

Par contraste, le souci permanent de la vie consciente et du respect qui lui est dû a toujours constitué le pivot de la recher-che scientifique et la valeur centrale dans la tradition de cer-tains pays dont l’Argentine. Malheureusement, les fondements de nos programmes de recherche ainsi que nos résultats tan-gibles n’ont pas empêché un aveuglément systématique face à deux notions fondamentales : d’une part la " Cadacualtez ", c’est-à-dire le fait de naître dans un corps spécifique à l’exclusion d’un autre, au sein d’une famille particulière et à une époque donnée ; d’autre part, la " Semovience " , c’est à dire le fait pour quelqu’un de pouvoir initier une nouvelle séquence de causalités ou d’actions, simplement en le voulant.

—————————————————————————————————————————

QUAND LES NEUROSCIENCES ANNONCENT
QUE L'HOMME N'EST QU'UNE CHOSE UTILISABLE...

(Suite page 2)




 



Les dernières actualités



  Michel GUILLOU - J.-F. SIMARD  [ Paris-Québec , 29-04-2007 ] Francophonie - France - Québec - Tribune Libre
FRANCOPHONIE, QUE DEVIENS-TU ?


  Claude HAGÈGE  [ Paris France , 19-03-2007 ] Francophonie et droit du travail - France - Art. 8
CLAUDE HAGÈGE : HALTE AU PSEUDO-ANGLAIS
DANS LES ENTREPRISES !


  Yves MONTENAY  [ Paris , 30-11-2006 ] Wasp-attitude et Latinité - Tribune Libre
HUNTINGTON, L’ESPAGNOL ET LA SUPÉRIORITÉ
SUPPOSÉE DES GARÇONS-VACHERS WASP


  Yves MONTENAY  [ Paris , 27-07-2005 ] Francosphère - À lire et à relire
LA LANGUE FRANÇAISE FACE À LA MONDIALISATION


  Albert SALON, Alfred GILDER  [ Paris , 26-11-2004 ] Francosphère - À lire et à relire : "ALERTE FRANCOPHONE",
UN LIVRE PLAIDOYER d’Albert SALON et Alfred GILDER


  Alexandre DORNA  [ Paris , 19-10-2003 ] Tribune Libre – Lâcheté des élites et lassitude des peuples
LE BALAI ET LE SOURIRE DU POPULISME TÉLÉCHARISMATIQUE


  Antoine COURBAN  [ Paris , 17-10-2003 ] "Globalization" - L'Empire et la Méditerranée de toujours :
PROLÉGOMÈNES… À UN NÉCESSAIRE ET SALVATEUR DIALOGUE DES CIVILISATIONS FRANÇAISE ET ARABE


  Sinbad et Claude Rifat  [ Tokyo , 26-05-2003 ] La mondialisation de Empire-vampire - À LIRE & À RELIRE
LES "RACINES DU MAL" ÉTATSUNIEN


  Francis CHOISEL  [ Paris , 17-05-2003 ] Les Etats-Unis, l’Irak et la "vieille Europe":
BUSH, BISMARCK ET LA "GUERRE PRÉVENTIVE"


  Pr Antoine COURBAN  [ Beyrouth , 03-01-2003 ] Francosphère et Humanisme - Chroniques de l’Irréparable :
L’HUMANISTE EST-IL DE TROP EN CE IIIe MILLÉNAIRE ? par le Pr Antoine COURBAN




LISTE DE DIFFUSION
Pour recevoir nos informations, saisissez votre courriel :  
Google
FFA - Entreprises
Copyright © 2001 - VOX Latina - Paris Latin - Tous droits réservés. Éditeur-Fondateur : Alfred MIGNOT
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions. Données personnelles


Envoyer cette page
à un ami ?

Version
imprimable

//