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Tunisie: Mohamed al-Dourra, star posthume au festival de Carthage
Mohamed al-Dourra, "l'enfant-martyr" palestinien tué
le 30 septembre dans les bras de son père sous l'oeil de la caméra, a ravi la
vedette au cinéma à l'ouverture vendredi des Journées cinématographiques de
Carthage (JCC-2000).
Collant à l'actualité, la 18ème session de ce festival arabo-africain
prévue jusqu'au 28 octobre, s'ouvrira par un hommage à Talal Abou Rahma,
l'auteur des images poignantes du petit Mohamed tombant sous les balles de
soldats israéliens lors des affrontements dans les territoires palestiniens.
Cameraman de la chaîne de télévision française, France 2, Talal Abou Rahma
est attendu vendredi à l'ouverture du festival de Carthage, selon les
organisateurs qui ont souhaité saluer le courage de ce "professionnel de
l'image" et rendre hommage à l'Intifada palestinienne.
A défaut de production cinématrographique, la Palestine est par ailleurs
présente à travers trois documentaires dans la section vidéo du festival:
"Fadwa, une poètesse de la Palestine", de Liana Badr, "Traces dans le Rocher
du lointain" de Majdi El Omari, et "Naïm et Wadiaâ" de Najwa Najjar.
Plus loin de l'actualité, mais toujours sous le signe de l'engagement
politique, le festival propose en ouverture de sa session 2000, "Lumumba" du
haïtien Raoul Peck, un film sur le combat militant et le sort tragique du
leader africain, Patrice Lumumba, assassiné dans les années 1960.
La volonté de renouer avec le cinéma d'auteur
Par ce choix, Carthage cherche à renouer avec un "cinéma d'auteur plus
conforme à sa vocation première", affirmait récemment à la presse Férid
Boughdir, cinéaste et vice-président du comité directeur des JCC.
Au total, plus de 180 films en provenance de 42 pays seront projetés dans
diverses sections de ce festival, qui se tient tous deux ans depuis 1966.
Un hommage spécial sera rendu au Malien Cheick Oumar Sissoko, avec une
rétrospective de ses films, dont la Génèse sorti en 1999. Sa toute dernière
oeuvre, "Battu", sera dans la course aux Tanits, en première mondiale à Tunis.
Le programme de la "section internationale" propose des productions primées
à Cannes: "Dancer in the Dark" de Lars Von Trier (2000), "Rosetta" de Luc et
Jean-Pierre Dardenne (1999) et "l'Eternité et un jour" de Theo Andelopoulos
(1998).
Le cinéma de variété égyptien et ses vedettes des années 1940 seront à
l'honneur durant cette édition qui verra en outre, pour la première fois, une
ouverture sur le cinéma asiatique avec des films de Chine, du Japon et du
Vietnam.
Le jury du festival, présidé par l'écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma,
compte sept membres parmi lesquels la réalisatrice égyptienne Inas Al Deghedy
et les actrices française Fabienne Babe et guinéenne Mariam Kaba.
Un colloque discutera enfin des rapports entre la télévision et le cinéma,
en marge des projections prévues dans neuf salles de Tunis et de sa banlieue.
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