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L’ANTHROPOLOGIE GANGLIONNAIRE, UN PSYCHOVIRUS DEMASQUÉ - Par le Pr Mariela Szirko
Méditerranée, Francophonie, Mondialisation : Visions d'avenir, par Philippe Séguin
Document LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (I à VIII), par Charles-Xavier Durand
Les Cinq Soleils du Mexique, par Carlos FUENTES
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (VIII et fin)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (VII)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (VI)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (V)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (IV)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (III)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (II)
Pour une citoyenneté francophone, par Stélio Farandjis
Latinité et prospective, par Candido Mendès
"Démocratiser la mondialisation", par B. Boutros-Ghali, SG de l'OIF
Le partenariat euroméditerranéen, par H. Abouyoub, Ambassadeur du Maroc en France
"Marseille doit être à la Méditerranée ce que Strasbourg est à l'Europe", par J.-C.Gaudin, Sénateur-Maire de Marseille
Une affaire d’état... parlementaire
L’Assemblée Parlementaire de la Francophonie, au service de la Démocratie
La diversité culturelle, par Louise Beaudoin, ministre des Relations internationales du Québec
La latinité, un facteur de cohésion internationale. Par Geraldo CAVALCANTI, SG de l'Union Latine (1998-2000)
Le souverainisme des Québécois
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Document LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (I à VIII), par Charles-Xavier Durand
La langue comme outil de conception, de réflexion et de communication
Qu’il s’agisse de communication scientifique ou de tout autre domaine, il semble qu’il existe deux conceptions de base de la langue. La première, celle qui semble prévaloir à l’heure actuelle, considère que le langage est purement un code de communication et que, en tant que tel, il peut être intégralement transformé en un autre code par la traduction.
Dans ce modèle, toute modification incontrôlée du code (violation des règles, vocabulaire mal utilisé ou introduction de mots appartenant à d'autres codes) entraîne une perte d'expressivité.
A condition que ce code permette au locuteur de s'exprimer dans toutes les situations qu'il peut potentiellement imaginer, il n'existe pas qualitativement de différences sémantiques d'un code ou d'un langage par rapport à l'autre, quelle que soit la grammaire.
Si je dis: “ wôo pu pha tha ” en chinois, qui se traduit mot à mot en français par “ Moi pas craindre lui ”, la forme française : “ Je ne le crains pas ” n'est pas différente sémantiquement de la forme chinoise dans la mesure où la même information est véhiculée.
Chomsky, qui est actuellement plus célèbre pour ses prises de position politiques que pour ses travaux de linguistique, a émis la théorie dite de la “ grammaire universelle ”, que tout individu posséderait de manière innée et qui, selon Chomsky, expliquerait que tous les hommes sont tous en mesure d’apprendre la langue de leurs parents.
Dans ce modèle, toutes les langues seraient équivalentes et ne conféreraient rien de particulier à leurs locuteurs par rapport aux autres.
Ce concept est parfaitement cohérent avec l’attitude de ceux qui pilotent le phénomène de mondialisation. Il implique que l’instauration d’une seule et unique langue à l’échelle de la planète n’introduirait pas de différences sensibles, qualitativement et quantitativement, par rapport à la situation présente, en ce qui concerne l’information qui pourrait être ainsi produite, mais qu’elle entraînerait une fantastique économie de moyens.
Pour ses partisans, l’instauration d’une langue unique serait une bénédiction à plus d’un titre car elle permettrait à tout le monde de se comprendre et ainsi d’aplanir les dissensions et les malentendus.
Au niveau européen, il existe de très fortes pressions pour faire la promotion d’une langue européenne unique, qui est généralement identifiée comme étant l’anglais.
Aux États-Unis, le Conseil des relations extérieures fut, dès sa création en 1921, un très chaud partisan de la mondialisation, très réceptif à l’instauration d’un gouvernement mondial et d’une langue internationale unique qui, par le plus grand des hasards, serait … l’anglais ! Les langues nationales et régionales furent associées aux nationalismes considérés indésirables, dangereux, et archaïques.
Au-delà du caractère intime que les langues maternelles représentent pour leurs locuteurs, de nombreux ouvrages soutiennent que les langues sont équivalentes dans les pensées, les sciences et les arts auxquels elles peuvent donner naissance.
Curieusement, certains membres des organisations francophones, qui ont pour raison sociale de faire la promotion de la langue française, semblent partager ce point de vue.
M. Jean Marie Klinkenberg, du Conseil international de la langue française, déclarait récemment lors d’un colloque que le français, au même titre que d’autres langues, n’apportait ni plus ni moins que l’anglais ou toute autre idiome considéré comme “ véhiculaire ”.
Cependant, trois remarques s’imposent. Tout d’abord, il est extrêmement curieux que les tenants de cette thèse des langues équivalentes ne se soient pas rangés parmi les promoteurs de l’espéranto, une langue qui a été spécialement conçue pour la communication internationale.
Une langue internationale doit être simple, régulière et logique, mais encore riche et dotée de possibilités créatrices. Pour les tenants des " langues naturelles équivalentes et neutres ", il ne devrait exister aucun argument sérieux pour refuser une langue artificielle, synthétisée pour les besoins de la communication internationale et pour être maîtrisée très rapidement, d’autant plus qu’une langue nationale qui commence à être utilisée en dehors de ses frontières perd rapidement sa richesse et ne se compare que défavorablement à une langue artificielle .
D’autre part, ces tenants encouragent dans une large mesure les emprunts étrangers, entraînant ainsi un mélange des idiomes qui aboutit nécessairement à une distorsion des significations. De plus, ce groupe se confond souvent avec celui des partisans des réformes orthographiques - en argumentant qu’elles simplifient l’apprentissage de la langue à la fois par les natifs et par les étrangers - tout en encourageant l’adoption et l’utilisation de mots étrangers dont l’orthographe n’est souvent pas du tout phonétique, comme c’est le cas pour les mots anglais... Ces attitudes sont totalement incohérentes avec les buts qui sont prétendument recherchés.
Une autre conception présente la langue comme étant plus qu'un code, mais une représentation particulière de la réalité. Par exemple, une traduction n'est jamais parfaite. L'effort de traduction consiste a choisir les structures et les mots qui reflètent au plus près le sens original. Cette autre conception implique que :
a) ce qui est dit ne peut jamais être complètement séparé de la manière dont c'est dit.
b) que le langage est formé par la culture et que l'expression de cette culture est le langage lui-même.
c) qu'il est impossible de distinguer la frontière entre la pensée et le codage de cette pensée par des mots.
d) que ce qui est exprimable dans une langue ne l'est pas forcément dans une autre, tout au moins pas de la même manière et
e) que les vues de chacun sont modelées et modulées par le langage.
La simple observation nous montre que la langue s’accompagne d’une certaine codification gestuelle qui va de pair avec un certain comportement. Nous observons à la télévision japonaise ou allemande que, dans les débats par exemple, les gens s’interrompent beaucoup moins qu’à la télévision de langue française.
Dans le cas du japonais, et dans une moindre mesure en allemand, le verbe étant à la fin de la phrase, il faut généralement en attendre la fin pour la comprendre. La différence de comportement n’est pas due à une différence de culture mais à une différence technique de nature linguistique.
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