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L’ANTHROPOLOGIE GANGLIONNAIRE, UN PSYCHOVIRUS DEMASQUÉ - Par le Pr Mariela Szirko
Méditerranée, Francophonie, Mondialisation : Visions d'avenir, par Philippe Séguin
Document LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (I à VIII), par Charles-Xavier Durand
Les Cinq Soleils du Mexique, par Carlos FUENTES
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (VIII et fin)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (VII)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (VI)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (V)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (IV)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (III)
LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (II)
Pour une citoyenneté francophone, par Stélio Farandjis
Latinité et prospective, par Candido Mendès
"Démocratiser la mondialisation", par B. Boutros-Ghali, SG de l'OIF
Le partenariat euroméditerranéen, par H. Abouyoub, Ambassadeur du Maroc en France
"Marseille doit être à la Méditerranée ce que Strasbourg est à l'Europe", par J.-C.Gaudin, Sénateur-Maire de Marseille
Une affaire d’état... parlementaire
L’Assemblée Parlementaire de la Francophonie, au service de la Démocratie
La diversité culturelle, par Louise Beaudoin, ministre des Relations internationales du Québec
La latinité, un facteur de cohésion internationale. Par Geraldo CAVALCANTI, SG de l'Union Latine (1998-2000)
Le souverainisme des Québécois
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LE FRANçAIS, UNE LANGUE POUR LA SCIENCE (V)
En Amérique du Nord, la plupart des articles sont écrits par des professeurs d'université qui doivent afficher à leur palmarès un certain nombre de publications annuelles. Il apparaît clairement que ce que l’on fait parfois passer pour un plus grand dynamisme de la recherche aux États-Unis tient en grande partie à une agitation superficielle née du besoin vital de publier des résultats [13].
Puisqu’on pousse les chercheurs à produire, le résultat est quantitatif mais loin d’être toujours de grande qualité, mais le nombre de publications contribue à l'avancement et à la titularisation. Un directeur de département et ses supérieurs hiérarchiques n'ont, souvent, ni les connaissances ni le temps pour confirmer la valeur des articles publiés par un professeur dans un intervalle de temps donné.
Bon nombre d'éditeurs de revues scientifiques consultent généralement d'autres professeurs pour déterminer si les articles reçus doivent être publiés. Ces derniers ne peuvent pas consacrer beaucoup de temps à cette activité.
Par voie de conséquence, une très forte proportion d'articles, qui sont publiés dans la littérature spécialisée, ne sont d'aucune valeur. Cela explique aussi pourquoi le pourcentage d'articles qui ne sont pas lus est aussi énorme.
Ce phénomène est probablement caractéristique de ce début de XXIe siècle. Beaucoup de chercheurs à l'heure actuelle essayent de publier, non pas parce qu'ils ont quelque chose d'intéressant à dire mais pour des motifs extrinsèques tels que l'avancement de carrière, des considérations pécuniaires et la soif de notoriété.
Il fut un temps où les scientifiques racontaient sans honte l'histoire de leurs découvertes, même lorsque leurs récits faisaient apparaître la fragilité de leurs prévisions ou l'indécente collaboration de tous les hasards. Ces temps sont révolus et les chercheurs d'aujourd'hui aiment faire croire qu'ils trouvent ce qu'ils cherchent.
Pour Laffollette [8] et Lévy-Leblond [5], la recherche qui fait l'objet de 90 % des publications dites " primaires " est caractérisée par sa médiocrité et son uniformité quand elle ne fait pas l'objet de fraude scientifique pure et simple .
En Europe, la pression de publier, encore faible il y a trente ans, s'est progressivement accentuée dans un monde où les jeunes gens ayant été formés à la recherche, trouvent de plus en plus difficilement des débouchés, et dans lequel la perception que le nombre, plus que la qualité des publications sera important pour trouver du travail.
Dans cette optique, beaucoup de nouveaux " chercheurs " se sont mis à publier en anglais dans l'espoir, souvent erroné, de réussir ainsi une percée de carrière en augmentant, à leurs yeux, leurs chances d'être lus. Ces jeunes deviennent souvent des " chercheurs itinérants " et vont de stage en stage, dont la durée moyenne est, en général, d'un à deux ans. On peut les voir un peu partout autour des universités et des centres de recherche.
Le phénomène est international. Ils viennent d'Autriche, des États-Unis, de France, d'Allemagne, du Royaume-Uni ou du Canada. Ils sont particulièrement visibles au Japon dans la ville scientifique de Tsukuba. Un an au Japon après deux ans de stage en France, un an en Angleterre, ou en Australie avant qu'ils ne se parachutent en Allemagne ou aux États-Unis. Ils contribuent, eux aussi, au phénomène de " pollution " de la littérature scientifique.
En moyenne, on assiste donc à un flux d'informations scientifiques, de qualité très variable, du monde industrialisé vers les pays anglo-saxons. Ce flux, qui n'est pas le résultat direct d'un effort commercial américain, contribue néanmoins largement à la prospérité des maisons d'édition anglo-américaines, qui revendent ainsi les abonnements à leurs revues aux bibliothèques du monde entier.
Bien entendu, ce flot, dont l'impact est largement positif pour les Etats-Unis et l’Angleterre, se traduit par des pertes sèches, que le monde de l'édition des autres pays doit ainsi éponger par des prix sensiblement plus élevés, puisque leur lectorat s’en trouve automatiquement réduit.
Pourtant, ces considérations pécuniaires sont relativement négligeables quand on examine les autres conséquences de ce phénomène. A quelques exceptions près, les périodiques et revues scientifiques anglo-américains deviennent ainsi les dépositaires de l'essentiel de la recherche universitaire. La tentation était grande pour tirer parti de cette situation. Les Anglo-américains n'ont effectivement guère attendu pour exploiter tous les avantages que leur situation privilégiée leur conférait.
Tout d'abord, à partir de ces articles, ils rédigent des " indices de citation " qui servent de base pour juger de la valeur des scientifiques, des scientifiques français et francophones en particulier. Actuellement, les indices de citation qui sont jugés être les plus importants sont publiés par l'Institut de l'Information Scientifique des Etats-Unis (ISI ).
Une étude faite par un professeur de l’université de Montréal et qui remonte à une quinzaine d’années révélait que dans le seul domaine des sciences médicales et paramédicales, plus de 80 % des 1 208 revues répertoriées provenaient de pays d'origine anglo-saxonne. 6 570, soit 790 revues, provenaient des États-Unis et d'Angleterre, alors que la France en comptait seulement 29, le Brésil 4, l'Espagne 3, la Belgique 2, la Chine 2, la Grèce une. Il est facile de constater que tout ce qui n'est pas publié en anglais a une importance très réduite quand il n'est pas complètement ignoré.
Les comités universitaires qui utilisent le nombre de citations comme critère pour évaluer un professeur/chercheur sont aveuglés et dans l'erreur. Ce critère doit absolument disparaître dans l'évaluation d'un professeur/chercheur. Les Anglo-américains s'arrogent ainsi la première place en matière de recherche scientifique. Les publications dans les autres langues sont généralement ignorées.
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